Fibromyalgie : comprendre ce qui épuise les ressources du quotidien
- Florence Many naturopathe

- il y a 5 jours
- 7 min de lecture

Vous avez peut-être déjà vécu cette situation.
Vous lisez un article sur la fibromyalgie.
On vous conseille de mieux dormir, de marcher un peu chaque jour, d'améliorer votre alimentation, de pratiquer une activité physique adaptée ou encore de mieux gérer votre stress.
Sur le papier, tout cela semble logique.
Et pourtant, lorsque vous refermez l'article, une pensée revient souvent :
« Je sais déjà tout ça. Mais je n'ai plus l'énergie nécessaire pour le faire. »
Cette réalité est rarement évoquée.
Pourtant, elle fait partie du quotidien de nombreuses personnes vivant avec une fibromyalgie, des douleurs chroniques, une fatigue persistante et un sommeil non réparateur.
Le problème n'est pas toujours de savoir quoi faire.
Le problème est parfois de trouver les ressources du quotidien nécessaires pour le faire.
Pourquoi la fibromyalgie donne parfois l'impression de vivre avec une batterie déchargée
Pour expliquer ce que vivent certaines personnes atteintes de fibromyalgie, j'utilise souvent une image.
Imaginez deux téléphones.
Le premier démarre la journée avec une batterie chargée à 100 %.
Le second démarre à 35 %.
Les deux doivent accomplir exactement les mêmes tâches.
Répondre aux sollicitations.
Gérer les imprévus.
Faire fonctionner les mêmes applications.
À la fin de la journée, le résultat sera très différent.
Le téléphone qui disposait déjà d'une réserve limitée atteindra beaucoup plus vite ses limites.
De nombreuses personnes atteintes de fibromyalgie décrivent une sensation comparable.
Elles ont parfois l'impression de commencer la journée avec une batterie déjà entamée.
Chaque activité demande davantage d'efforts.
Chaque imprévu coûte plus cher.
Et certaines journées semblent entièrement consacrées à gérer l'essentiel.

Où passent les ressources du quotidien ?
Lorsqu'on regarde de plus près le quotidien des personnes concernées, on comprend mieux pourquoi les ressources du quotidien s'épuisent parfois si vite.
Une douleur qui réveille plusieurs fois dans la nuit.
Une matinée passée à lutter contre la fatigue.
Des gestes simples qui demandent davantage d'efforts qu'auparavant.
Une sortie annulée parce que le corps ne suit plus.
Une inquiétude qui revient à chaque nouvelle poussée douloureuse.
Une journée entière passée à s'adapter.
Pris séparément, chacun de ces éléments peut sembler anodin.
Mais lorsqu'ils s'accumulent jour après jour, ils représentent une dépense d'énergie considérable.
À cela peuvent parfois s'ajouter d'autres facteurs.
Une alimentation qui ne couvre pas toujours les besoins de l'organisme.
Des déficits nutritionnels identifiés avec les professionnels de santé concernés.
Un fonctionnement digestif qui limite parfois l'assimilation optimale de certains nutriments.
Un sommeil qui ne permet pas une récupération satisfaisante.
L'objectif n'est pas de rechercher une explication unique.
Mais de comprendre ce qui, aujourd'hui, continue à puiser dans les ressources du quotidien.
Fibromyalgie : quand connaître les conseils ne suffit plus
La plupart des personnes que je rencontre ont déjà essayé beaucoup de choses.
Certaines ont modifié leur alimentation.
D'autres ont testé différents compléments nutritionnels, des approches corporelles ou des techniques de relaxation.
Elles ont lu des livres.
Regardé des vidéos.
Cherché des explications.
Accumuler des connaissances n'est généralement pas le problème.
Ce qui manque souvent, c'est l'énergie nécessaire pour transformer ces connaissances en actions.
Et c'est là que naît parfois une grande frustration.
Car les personnes qui auraient le plus besoin de prendre soin d'elles sont souvent celles qui disposent du moins de ressources pour le faire.
Un exemple fréquemment rencontré
Je pense à cette personne qui était arrivée à son premier rendez-vous avec un cahier rempli de notes.
Elle connaissait parfaitement les recommandations qui lui avaient été données au fil des années.
Elle savait quels aliments lui convenaient mieux.
Elle connaissait les exercices qui l'aidaient à se détendre.
Elle savait qu'un peu de mouvement lui faisait généralement du bien.
Et contrairement à ce qu'elle pensait, elle mettait déjà beaucoup de choses en place.
Pourtant, elle se sentait en échec.
Au fil de nos échanges, nous avons commencé à regarder sa situation dans son ensemble.
Les douleurs, bien sûr.
La fatigue également.
Mais aussi tout ce que cette situation lui demandait de porter au quotidien.
L'incertitude de ne jamais savoir comment elle allait se sentir le lendemain.
La frustration de voir certaines activités devenir plus difficiles.
Le sentiment de ne plus pouvoir faire autant qu'avant.
La nécessité permanente d'adapter ses journées à son niveau d'énergie.
La charge émotionnelle liée aux douleurs elles-mêmes et au manque de contrôle que l'on peut parfois ressentir face à son propre corps.
À cela s'ajoutaient également des événements plus anciens, des périodes difficiles de sa vie qui continuaient à mobiliser une partie de son énergie sans qu'elle en ait toujours conscience.
Progressivement, elle a cessé de considérer son manque d'énergie comme une faiblesse.
Elle a commencé à comprendre que son organisme mobilisait déjà une grande quantité de ressources pour faire face à l'ensemble de ce qu'elle traversait.
Ce changement de regard n'a pas fait disparaître les douleurs.
Mais il lui a permis de mieux comprendre son fonctionnement et de porter davantage d'attention à ce qui épuisait réellement ses ressources du quotidien.

Le rôle du sommeil, de l'alimentation et de la digestion
Dans l'accompagnement de la fibromyalgie, il est souvent utile d'observer plusieurs dimensions du quotidien.
La qualité du sommeil.
La récupération.
L'alimentation.
Le fonctionnement digestif.
Le niveau global de vitalité.
L'objectif n'est pas de trouver une cause unique à la fibromyalgie.
Mais d'identifier ce qui peut contribuer à épuiser progressivement les ressources du quotidien.
Certaines personnes découvrent par exemple que leur digestion mobilise davantage d'énergie qu'elles ne le pensaient.
D'autres prennent conscience que leur sommeil est beaucoup moins récupérateur qu'elles l'imaginaient.
D'autres encore réalisent que leur corps fonctionne depuis longtemps en mode adaptation permanente.
Fibromyalgie et charge émotionnelle : une énergie parfois mobilisée ailleurs
Dans mon approche, je ne sépare pas complètement le corps de l'histoire de la personne.
Au fil des accompagnements, j'observe souvent que les personnes vivant avec une fibromyalgie ne portent pas uniquement des douleurs physiques.
Elles portent parfois également des années d'adaptation, de stress, d'inquiétudes, de déceptions ou d'événements difficiles qui ont demandé beaucoup d'énergie.
Certaines évoquent des périodes de vie particulièrement éprouvantes.
D'autres décrivent des blessures émotionnelles anciennes, des difficultés relationnelles, des deuils ou des situations qui continuent encore aujourd'hui à occuper une place importante dans leur vie intérieure.
Je ne considère pas que ces expériences expliquent à elles seules la fibromyalgie.
En revanche, il me semble important de se demander si certaines de ces charges continuent à mobiliser une partie des ressources du quotidien.
Car le corps ne fonctionne pas indépendamment de ce que nous vivons.
Nos émotions, notre niveau de stress, notre sentiment de sécurité, notre histoire personnelle et notre état physique interagissent en permanence.
Lorsque certaines situations restent très présentes émotionnellement, elles peuvent parfois contribuer à maintenir un état de tension ou de mobilisation qui consomme lui aussi de l'énergie.
C'est pourquoi, dans mon accompagnement, j'accorde une place importante à cette dimension.
Non pas pour chercher une cause unique à la fibromyalgie.
Mais pour explorer tout ce qui pourrait aujourd'hui contribuer à épuiser les ressources de la personne et l'empêcher de retrouver davantage d'équilibre au quotidien.
Mon approche dans l'accompagnement de la fibromyalgie
Dans ma pratique, je ne cherche pas uniquement à savoir où se situe la douleur.
Je cherche à comprendre ce qui contribue aujourd'hui à l'épuisement des ressources du quotidien.
Nous explorons ensemble plusieurs dimensions :
la qualité du sommeil ;
l'alimentation ;
le fonctionnement digestif ;
les habitudes de vie ;
le niveau de vitalité ;
les facteurs de stress ;
les événements ou situations qui continuent à solliciter fortement l'énergie de la personne.
Lorsque cela semble pertinent, j'utilise également l'EFT comme outil de régulation émotionnelle.
Non pas pour traiter la fibromyalgie elle-même.
Mais pour aider à diminuer la charge émotionnelle associée à certaines situations particulièrement difficiles à vivre.
Certaines personnes observent alors qu'elles se sentent moins submergées.
Plus disponibles.
Plus capables de mettre en place les changements qui leur font du bien.
Une ressource pour les périodes où l'énergie manque
Lorsque la fatigue, les douleurs ou les émotions prennent beaucoup de place, il n'est pas toujours facile de trouver les ressources adaptées au bon moment.
C'est pour cette raison que j'ai créé la Base de Ressources Émotionnelles.
Vous y trouverez principalement des audios d'EFT conçus pour vous accompagner dans différentes situations du quotidien :
apaiser une montée d'angoisse ou d'anxiété ;
traverser une période de stress important ;
diminuer l'intensité de certaines charges émotionnelles ;
retrouver davantage de calme lorsque les émotions deviennent envahissantes;
accompagner certaines sensations physiques inconfortables ou douloureuses ;
retrouver progressivement un sentiment de sécurité intérieure.
L'objectif n'est pas de faire disparaître les difficultés par magie.
Il s'agit plutôt de disposer d'outils simples permettant de mieux se réguler lorsque les émotions, les tensions ou les douleurs prennent trop de place.
Pour de nombreuses personnes, c'est aussi une manière de reprendre progressivement une part de contrôle sur ce qu'elles vivent et de retrouver davantage de confiance dans leurs capacités d'adaptation au quotidien.

Et si la première étape était différente ?
Face à la fibromyalgie, nous cherchons souvent ce qu'il faudrait ajouter.
Une nouvelle habitude.
Une nouvelle méthode.
Un nouvel outil.
Parfois, la première question à se poser est différente :
Qu'est-ce qui utilise aujourd'hui toute mon énergie ?
La réponse est propre à chacun.
Mais c'est souvent à cet endroit que commencent les changements les plus durables.
Comprendre ce qui épuise les ressources du quotidien permet parfois de porter un regard nouveau sur son corps, ses besoins et son fonctionnement.
Questions fréquentes sur la fibromyalgie et la fatigue
Pourquoi suis-je épuisée alors que mes analyses sont normales ?
La fatigue ressentie dans la fibromyalgie ne s'explique pas toujours par les examens biologiques habituels. Les douleurs chroniques, la qualité du sommeil, la récupération ou encore les efforts d'adaptation permanents peuvent contribuer à cette sensation d'épuisement.
Pourquoi certaines journées sont-elles beaucoup plus difficiles que d'autres ?
De nombreuses personnes décrivent des variations importantes de leurs symptômes. Le sommeil, le niveau de fatigue accumulé, le stress, les activités réalisées ou d'autres facteurs individuels peuvent influencer ces fluctuations.
Est-ce normal d'avoir l'impression que mon corps ne récupère plus comme avant ?
C'est une remarque fréquente chez les personnes vivant avec une fibromyalgie. Même lorsque le repos est présent, la récupération peut sembler incomplète, notamment lorsque douleurs, fatigue et sommeil non réparateur s'associent.
Pourquoi est-ce si difficile de mettre en place les conseils que l'on me donne ?
Parce que connaître une solution et avoir l'énergie nécessaire pour l'appliquer sont deux choses différentes. Lorsque les ressources sont déjà fortement mobilisées, même les changements les plus pertinents peuvent sembler difficiles à mettre en œuvre.
Références
Haute Autorité de Santé (HAS). Fibromyalgie de l'adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique.
Haute Autorité de Santé (HAS). Fibromyalgie : aider les personnes à mieux vivre avec la douleur.
Livres:
Guillemont, C., & Nollet-Clémençon, C. Ma douleur, comment l’apprivoiser ? Odile Jacob.
van der Kolk, B. Le Corps n’oublie rien : Le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme. Albin Michel.
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